Il est déjà deux heures de l'après midi. Il faudrait que je me lève pour manger. J'ai bien dit il faudrait, parce que... Je n'ai pas envie du tout de me lever, et encore moin de manger. J'ai l'impression d'avoir le coeur dans la gorge, ça fait pourtant douze heures que j'ai rien avalé, mais je sens que si je le fais, ça ne servirais à rien, car ça sortirais aussi vite que ce serait entré. Il faudrait que je m'habille, mais... À quoi bon? Enfet, à quoi bon vivre si celui que je voulais épouser n'est plus là. Mes parents me l'avaient dit qu'à quinze ans je ne devais pas voir aussi loin, et moi j'en ai fait à ma tête, j'ai cru en mon rêve. Je suis la pire des idiotes, je l'ai toujours été. Je fonde toujours des gros espoirs sur les gens, j'espère toujours ne jamais les perdre de vu, et ils finissent toujours par m'abbandonner. Ça a toujours été.
Turn around, I am here, If you want it's me you see, Doesn't count, far or near, I can hold you when you reach for me
Je sais que tu es là, je sais Bill. Je pleure de plus belle, j'ai l'impression d'étouffer, ça y est je suis complètement folle! Je parle avec une radio, un CD, un chanteur que je n'ai jamais rencontré. La chanson me réconforte moins qu'à l'habitude, mais plus que n'importe quoi d'autre. J'ai besoin, j'ai besoin d'être mieu. Je sors mon compa du tiroir où je l'avais rangé, il y a une semaine et demi en jurant de ne plus jamais l'utiliser. Je le regarde, l'observe, le jette contre le mur de toute mes forces et me laisse retomber sur mon lit. Je tremble. Je me lève et retourne chercher ce petit objet qui m'a déjà laisser tant de marques. D'habitude, je coupe sur la cheville, mais je n'ai pas envie de prendre le temps, alors je le fais, sur le bras, je le sens entré dans ma peau, je le laisse se promener quelques seconde, le sang s'échappe, et déjà je regrette. Je sais que ce n'est pas la solution, que c'est nocif, stupide... Le sang coule toujours, et maintenant je n'ai plus le choix de me lever, il tache mes draps. Je vais à la cuisine, chercher quelque chose pour le couvrir, applique un des bandages que je trouve dans la trousse de premier soin. Je vois la lumière du jour pour la première fois depuis deux jours. Comment le monde peut-il être si lumineux? Comment puis-je être aussi malheureuse? J'entend la voiture de mon père arriver, la clé tourné dans la serrure, la porte qui s'ouvre, ce cher Pierre qui entre, qui marche le long du corridor, et qui arrive finalement dans la pièce où je me trouve. Il me regarde surpris, l'air heureux que je sois enfin sorti de ma chambre. Quand il voit mon bras il me sors une phrase trop classique : Qu'est-ce que tu as au bras? Qu'est-ce que je peux répondre... Je me suis brulé? Coupé d'une façon qu'il faut que je trouve? Je begaye, le seul mot que je réussi à dire c'est : Je.... Il me regarde étrangement. Il s'approche, je recule. Il prend mon bras, je tente de l'enlever, il tente d'enlever le pansement, il réussi. Il voit mon bras, je vois son visage horrifié. Ensuite viennent ces mots« Gabrielle, ma petite fille... Comment oses-tu te faire du mal? Avec quoi? T'est qu'une conne.» Je ne répond pas, je le regarde droit dans les yeux, il me giffle et reprend ses activités, je le vois commencer à cuisiner pendant que moi je m'éclipse dans ma chambre. Je ne peux plus rester, je ne peux plus. Cette maison est pourri, cette ville est pourri, ma vie est pourri. Peut-être qu'ailleur ça iras mieu, ouais recommencer une nouvelle vie, une vrai vie, une bonne vie. Loin d'ici. Je prend mon sac à dos, il est petit, je ne pourrais pas ammener beaucoup de choses. Je regarde ma chambre, de toute façon il n'y a rien que je veux garder. J'ouvre mon armoir, prend tout les sous vêtements que j'ai. Je prend deux paires de jeans, trois chandails, mon mp3, les CD de Tokio Hotel, je prend aussi mon shampoing après tout... Mes cheveux bruns sont dégoutant en ce moment, ma brosse, mon savon, mon rasoir, ma brosse à dents, j'irais chercher mon passeport avant de partir, au cas ou...Et finalement ma carte de débit sur laquel j'ai plusieurs millier de dollars en économie, eh oui, je n'ai jamais été une dépensière, depuis que je suis jeune j'amasse, mes parents me donne des allocations et depuis 4 ans je travaille. Au début, c'était du gardiennage, je cueillais les fraises pendant l'été, les pommes à l'automne, j'ai effectué quelques travaux dans une écurie, et depuis six mois je suis conseillère dans un magasin pour enfants. Ça me servira, j'imagine, l'argent c'est toujours utile mais, il faudra encore que j'économise, je pars... Pour toujours. Ce ne sera pas ça qui va me permettre de tout. Ensuite... Quand pourrais-je partir? Il ne faudrait pas que mon père signale ma disparition tout de suite, je sais que dans deux jours il part pour un congrès à Québec, je serais seule pour trois jours.